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La plage de Chouchou Bay, un joyau de la commune de Port-Margot

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  • 14 févr.
  • 2 min de lecture

La commune de Port-Margot, située dans le département du Nord d’Haïti, abrite l’une des plus belles plages du pays : Chouchou Bay. C’est sur cette plage paradisiaque, bordée d’une mer turquoise et d’un paysage naturel préservé, que l’économiste Etzer Emile s’est rendu récemment pour rencontrer deux pêcheurs locaux. Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, intitulée « Yon rankont ak 2 pechè pwason nan Pò Mago », il partage un échange authentique et émouvant sur la réalité quotidienne de la pêche artisanale dans cette zone.


Accompagné d’un agronome nommé Patrick qui facilite les contacts, Etzer Emile s’installe au bord de l’eau pour discuter avec ces deux hommes qui vivent de la mer depuis des années. La conversation, empreinte de simplicité et de franchise, révèle les défis majeurs auxquels font face les pêcheurs de Chouchou Bay. Le principal obstacle reste le manque cruel d’équipement moderne. Les bateaux utilisés sont rudimentaires et les moteurs, quand ils existent, sont souvent usagés et peu fiables. En conséquence, les sorties en mer se limitent aux zones proches du littoral, près de la « tour Haiti » ou vers le nord-ouest, sans possibilité d’explorer les eaux plus poissonneuses au large.


La pêche se pratique quotidiennement, mais elle reste épuisante physiquement. Sans soutien institutionnel du gouvernement ou du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), les pêcheurs ne bénéficient d’aucune aide substantielle pour renouveler leur matériel ou améliorer leurs techniques. Le poisson capturé est vendu principalement sur les marchés locaux, à des revendeurs ambulants ou consommé par les familles elles-mêmes. Pour la conservation, on dépend encore de la glace classique, qui permet de garder le poisson frais pendant environ 15 jours au maximum. Cette méthode traditionnelle limite les possibilités d’exportation ou de vente à plus grande échelle.


Au-delà des difficultés économiques, les pêcheurs soulignent le fort potentiel touristique inexploité de Chouchou Bay. La plage, d’une beauté exceptionnelle, attire déjà quelques visiteurs pendant les périodes de vacances, mais l’infrastructure reste quasi inexistante. Etzer Emile et ses interlocuteurs évoquent l’idée de créer une association de pêcheurs pour mutualiser les ressources, par exemple en achetant collectivement un moteur plus puissant. Une telle initiative permettrait d’aller plus loin en mer, d’augmenter les prises et, par ricochet, d’améliorer les revenus familiaux.

Cette rencontre met en lumière les paradoxes d’une région riche en ressources naturelles mais freinée par le manque d’investissements et d’organisation. Les pêcheurs, malgré la fatigue et les contraintes, restent fiers de leur métier et ouverts aux idées de collaboration. Etzer Emile conclut sur une note d’espoir, invitant à la réflexion collective pour valoriser à la fois la pêche durable et le tourisme responsable à Port-Margot.



 
 
 

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